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Infographie, couleurs et perception

Infographie et couleurs
 
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Narration de ce vidéogramme pour les obsédés textuels et les malentendants

 

Dans le vidéogramme précédent, nous avons parlé de la transformation technique d’une image bitmap en mode RVB pour la convertir en mode CMJN qui n’est autre qu’une « simulation » de l’aspect de l’image imprimée sur un support papier.

Vous avez pu constater qu’il existe un grand flou dans la partie couleur qui concerne l’œil humain. Il est difficile de savoir la réalité en raison des propositions différentes sur le nombre de nuances visibles par l’homme.

Il y a des petits, des grands, des gros, des maigres, des intelligents, des idiots, des cultivés, des incultes, des riches et des pauvres répartis sur l’ensemble de la planète.

Non seulement nous sommes tous différents et en plus certains possèdent des troubles de la vision.

Je passe sur tous ceux qui sont atteints de myopie, d’hypermétropie et d’astigmatisme, pour ne citer qu’eux.

Mais il est difficile de passer à côté des personnes atteintes achromatopsie, de daltonisme, de dichromatopsie, de deutéranopie, de deutéranomalie, de protanopie et j’en passe tellement la liste serait longue. Toutes ces personnes ont une vision altérée par un dysfonctionnement de l’œil.

Par exemple, la deutéranopie se caractérise par l’absence d’un gène qui code la couleur verte qui est l’une des 3 couleurs primaires.

Photoshop possède une fonction qui permet de simuler ces dysfonctionnements.

Je charge une image qui possède un spectre assez large. Dans Photoshop, je vais dans le menu « affichage » et je choisis la commande « format d’épreuves ».

Vous noterez que le profil actuellement sélectionné se nomme : « RVB Macintosh hérité (Gamma 1.8).

En sélectionnant le mode « Dichromatopsie - deutéranopie » l’image se transforme de façon assez impressionnante.

Photoshop propose ce format d’épreuves pour que l’infographiste puisse sublimer cette image dans ce format d’épreuves afin de créer des écarts de contraste entre des couleurs juxtaposées qui sont perçues avec une certaine similitude alors qu’elles sont très différentes.

En effectuant une recherche, j’ai vu sur un blog que les daltoniens représentent 8 % de la population masculine et 0,5 % de la population féminine. Il s’agit d’un pourcentage non négligeable.

En résumé, l’infographiste doit réaliser des documents impactant avec une maîtrise de la couleur dont celle-ci est tout à fait subjective.

Parlons maintenant du matériel.

Le moniteur EIZO Moniteur ColorEdge CG318 qui possèdent une résolution de quatre K, c’est-à-dire 4096 pixels x 2160 pixels dont la dalle mesure 31,1 pouces est actuellement au prix de 4490 € TTC le jour du tournage de cette vidéo, c’est-à-dire en juin 2017.

Sur un site Internet, grand public, il existe de nombreux formats d’écran pour PC. Ici, j’ai une référence d’un écran de la marque LG, celui-ci est un 22 pouces avec une résolution de 1920 par 1080 pixels.

Comment est-il possible d’expliquer cette différence de prix. Bien sûr, la résolution y est pour quelques choses.

Pour résumer, le matériel tel que les scanners, les imprimantes jet d’encre, les imprimantes laser, les écrans ont une faiblesse constante. Plus le prix est faible plus ces appareils ont du mal à distinguer les gris profonds des noirs et les couleurs pâles des blancs.

Un dégradé qui irait du noir au blanc possédant 256 niveaux est parfaitement linéaire sur un moniteur de haute qualité.

Sur un moniteur, nous dirons grand public, le dégradé possède des ruptures dans la linéarité du dégradé surtout dans les claires et dans les sombres.

Je me souviens, il y a une dizaine d’années avoir acheté une imprimante laser couleur pour la partie bureautique de l’entreprise. J’ai profité de l’occasion pour imaginer créer un mailing imprimé sur cette imprimante.

Je me suis vite aperçu que lorsque je réglais un noir à 15 %, la feuille de papier était blanche. En mettant le noir à 16 %, le gris obtenu ressemblait à un gris 30 %. Ainsi cette machine fonctionnait par palier.

Dans son utilisation bureautique ou pour imprimer les cours destinés aux stagiaires de la formation, cette imprimante est parfaitement adaptée. Il aurait fallu multiplier le prix par quatre ou cinq pour avoir une imprimante laser dite « photo ».

Dans le processus de l’infographie, je scanne un document, je le vois à l’écran et sans rien modifier, je l’imprime.

Je compare l’original et la copie.

En fonction du matériel l’écart est souvent important avec cette particularité d’obstruer les noirs et d’éclater les blancs.

Pour peu que votre matériel soit de marques différentes, l’écart est encore plus grand.

Alors pour pallier ce problème les fabricants ont inventé des profils colorimétriques que l’on appelle des profils ICC.

Autrement dit, le profil ICC réadapte les faiblesses des matériels en modifiant le fichier. Alors il existe des profils ICC pour les scanners, pour les écrans et pour les imprimantes chacun allant de son algorithme.

Le matériel haut de gamme obtiendra de meilleurs résultats.

L’histoire ne s’arrête pas là, en effet depuis plus de 20 ans je réalise une brochure trimestrielle dans le cadre de l’agence de communication. Cette brochure possède une charte graphique qui n’a pas évolué.

Cela peut paraître curieux, mais le client n’éprouve pas le besoin de réaliser un document qui suivrait les modes graphiques du moment.

Depuis plus de 20 ans les fichiers qui concernent la charte graphique, n’ont jamais été changés. Il s’agit ici des mêmes fichiers.

Lorsque j’observe ces brochures étalées sur un présentoir qui représente environ 80 numéros, en prenant soin de laisser voir une petite partie commune à chacun des numéros, je peux constater des différences et des fois celles-ci sont relativement importantes.

Certes, au cours du temps, ces brochures ont été imprimées sur des machines différentes. L’imprimeur m’explique qu’ils peuvent exporter des courbes qui permettent de retrouver les mêmes réglages. Le chef d’atelier m’assure qu’il utilise les mêmes courbes et pourtant des différences existent.

Le but n’est pas d’accabler l’imprimeur, mais insister sur le faîte qu’il ne s’agit pas d’une science exacte.

D’un numéro à l’autre, le client et les lecteurs ont complètement oublié les couleurs.

Ce que je veux exprimer à travers l’ensemble de ces exemples, c’est cette impossibilité technique à résoudre le problème de la colorimétrie. Même si les progrès de la technologie améliorent sans cesse ces résultats.

Réalisons une petite expérience.

Je vous propose de regarder à l’écran un aplat de couleur bleue. L’expérience et d’essayer de mémoriser ce bleu. Je vous le dis avant, je vais intercaler une image composée de variantes orangées. Je rappelle que la couleur orange et la couleur complémentaire du bleu, elle a ainsi toutes les chances de vous perturber.

Vous avez donc bien vu la couleur de ce bleu.

La qualité de votre écran ne jouant en rien, puisque ma proposition est relative.

Voyons pendant quelques secondes cette image orangée afin de vous faire oublier quelque peu la couleur.

Maintenant, je vous propose un nuancier de couleurs placées dans un ordre aléatoire et affublé d’un numéro.

À votre avis, sans retourner en arrière dans la vidéo, quelle est la référence du bleu montré précédemment.

Prenez le temps de la réflexion.

Le bleu utilisé est celui qui possède la référence 09.

Si vous avez réussi ce test, je vous en félicite. Mais l’idée était de tout faire pour montrer la fragilité de la mémorisation de la couleur.

Je réalise dans le centre de formation, ce test, plusieurs fois par an, lorsque l’on aborde la couleur. En général, les quatre ou cinq infographistes présents se trompent le plus souvent.

Évidemment, les conditions d’expérience sont faites de la façon à tromper la vision.

Si je vous avais présenté un nombre, puis toutes sortes de nombres qui n’ont rien à voir entre eux pour ensuite vous demander le numéro précédemment présenté, l’exercice aurait extrêmement facile.

La difficulté à mémoriser les couleurs vient s’ajouter au contexte. Dans la vidéo précédente, nous avions vu les différences, grâce au bouton aperçu, entre la proposition RVB et la proposition CMJN.

Plus tard dans la vidéo les deux images côte à côte paraissaient moins différentes.

Tous les éléments autour des images perturbaient notre regard critique.

Un aplat de couleur jaune paraîtra très différent s’il est entouré de bleu ou de rouge.

Vous l’aurez compris j’insiste largement sur cette subjectivité.

Lorsque l’on s’intéresse à l’art, il n’est pas rare de parcourir, en médiathèque d’énormes livres réaliser par des professionnels de renom.

On remarquera facilement les différences de colorimétrie entre deux ouvrages de qualité.

Allons sur Google et inscrivons le thème suivant : « Ingres - La source ». Activons la rubrique image.

Nous pouvons voir ici, au moins sur les six premières images, une différence importante de la même représentation ne nous permettant en aucun cas de connaître la couleur réelle de l’œuvre.

La juxtaposition de couleurs, la température de lumière, l’environnement : tout est fait pour modifier notre perception.

L’idée qu’il faut retenir, c’est que l’écart entre la présentation de la maquette aux clients doit être la plus sensible possible avec le résultat imprimé.

Parlons maintenant du métier d’infographiste.

Rappelons la définition.

Un infographiste est un graphiste qui utilise l’informatique pour ses réalisations graphiques.

Avec les années, on s’aperçoit que de nombreux infographistes ne sont pas graphistes.

Aujourd’hui, la définition serait plutôt, un infographiste est une personne réalisant ou assemblant des images et des textes à des fins de communication pour l’édition papier ou la diffusion sur écran.

De nombreux infographistes sont capables de réaliser des sites Internet ajoutant ainsi plusieurs cordes à leur arc.

Il n’est pas rare de voir des annonces d’emploi du genre : « recherche : infographiste maîtrisant Illustrator, Photoshop et Indesign avec des notions de HTML 5 et de CSS 3.

Les infographistes ont un niveau d’études très différent, il y a encore quelques années, il possédait un CAP ou un BEP. L’évolution du système scolaire propose maintenant le bac pro. Certains vont plus loin avec le BTS et d’autres encore plus loin avec un Master 2. Dans le cadre de la reconversion, les futurs infographistes se forment dans le centre de formation professionnelle.

Depuis plus de 20 ans, j’accueille des personnes de tous horizons désirant devenir infographiste. En fonction des prérequis, il est possible d’établir un plan de formation.

En raison de leur savoir-faire, les infographistes, par exemple, intègrent les services PAO des imprimeries, les agences de communication, les services communication d’entreprise ou encore les imprimeries numériques. En général tous ses infographistes travaillent sur du matériel de qualité et permettent en général d’avoir des écrans calibrés simplifiant énormément la retouche photographique.

Il existe encore une autre catégorie d’infographiste, et ils sont nombreux, ce sont les infographistes indépendants : profession libérale ou auto entrepreneur.

Pour eux, il est nécessaire de mettre en place une opération commando pour s’assurer du calibrage de son écran.

Dans la majorité des cas les configurations de base à partir de PC ont des écrans trop lumineux. Ainsi l’image obtenue est relativement sombre lorsque celle-ci est imprimée. Le résultat peut être refusé par le client.

En général les McIntosh sont souvent mieux calibrées à l’origine.

Si vous avez investi dans un PC, il est urgentissime d’investir dans une sonde environ 200 à 250 € au minimum et le plus important et choisir dès le départ de la calibration le mode RVB Macintosh hérité (gamma 1.8).

S’il vous est difficile d’investir dans une sonde, je vous propose d’établir une relation de connivence avec le service PAO de l’imprimerie avec laquelle vous allez travailler et ainsi leur demander de voir vos images sur leur écran ou encore mieux de leur demander de vous fournir une image ou plusieurs images calibrées en CMJN avec le document imprimé correspondant.

Grâce aux profils ICC, au réglage de Windows et les touches de votre moniteur, vous aurez la possibilité de minimiser les risques de produire des images trop claires ou trop sombres.

Ces conseils sont très pragmatiques, je vous le rappelle et j’insiste encore une fois, il est nécessaire d’aller au bon à tirer machine et de vous faire livrer des échantillons de votre travail.

Avec le temps qui passe et le nombre de réalisations, vous pourrez améliorer la calibration de votre écran.

Nous arrivons à la fin de ce vidéogramme. Si celui-ci n’apporte pas toutes les réponses, il a le mérite, pour certains, de proposer un questionnement sur un domaine fondamental qui concerne la calibration des couleurs.

À bientôt

Pierre Tomy Le Boucher